Comment motiver de nouveaux bénévoles dans son chœur
Public :
Responsables de chorales
Bénévoles réguliers

Mise à jour :
20 juin 2024
Les associations chorales peuvent compter sur leurs membres pour des engagements ponctuels.
Alors que les membres donnent volontiers des coups de main, comment peut-on leur donner le goût de s’engager davantage en devenant des bénévoles réguliers ?
Quels leviers pouvez-vous actionner pour donner envie aux choristes de passer de bénévoles ponctuels à bénévoles réguliers ?
Nous verrons dans cette fiche quels sont les freins pour s’engager et des pistes pour les désamorcer ainsi que quelques dispositifs pour favoriser ce passage au bénévolat régulier.
Une autre fiche thématique invitera à se questionner sur comment motiver les bénévoles à devenir membre du conseil d’administration du chœur.
Avec le soutien du Fonds pour le développement de la vie associative (FDVA)
Pour revoir le Café Choral du 12 juin et consultez le pdf de la présentation, rendez-vous dans la partie «Documents mis à disposition»
Table des matières
Le cadre : qu'est-ce que le bénévolat
Petits coups de main, grands effets
Passer du coup de main au bénévolat régulier
Transformer les freins en motivations pour de nouveaux bénévoles
Valorisez ceux qui donnent du temps et de l'énergie
Conclusion
Annexe 1 – exemple de groupes de services au sein d’une chorale
Le cadre
De quoi parlons-nous quand il s’agit de bénévoles ? Peut-on considérer tous ceux qui aident l’association comme des bénévoles ? Cette étape de définition est importante pour que chacun puisse aborder cette question de l’accompagnement vers le bénévolat avec le même vocabulaire.
Qu’est-ce que le bénévolat
La loi ne définit pas le bénévolat et c’est ce qui explique sa particulière souplesse. Cependant, le Conseil économique, social et environnemental (CESE) a précisé ce concept en février 1993, avec une définition intéressante et généralement reprise du bénévole, et qu’il a remise à jour dans un avis du 28 juin 2022 :
« Le bénévolat est l'action de la personne qui s'engage librement, sur son temps personnel, pour mener une action non rémunérée en direction d'autrui, ou au bénéfice d'une cause ou d'un intérêt collectif. » Avis du Conseil Economique, Social et Environnemental (CESE) du 28 juin 2022
Selon le CESE, le bénévolat se caractérise par 4 notions :
L’activité est réalisée en dehors du cadre domestique et du cadre professionnel
Elle est volontaire
Elle n’est pas rémunérée
C’est une activité en faveur d’un ou plusieurs bénéficiaires mais aussi d’une cause d’intérêt général.
Nous pouvons également préciser que le bénévolat se définit en opposition au salariat par :
L’absence de contreparties (financière ou équivalente)
L’absence de lien de subordination.
Le bénévole contribue occasionnellement ou régulièrement à l’activité de l’association. Une personne qui aide spontanément, sans que l’association l’ait sollicitée, ne peut être considérée comme un bénévole régulier.
Dans un chœur, comme dans toute association, les membres s’impliquent plus ou moins. On pourrait ainsi les caricaturer en trois grand groupes :
Les responsables : ceux qui organisent et animent l’activité (généralement les conseils d’administration, les chefs de chœurs, etc.)
Les bénévoles réguliers : ceux qui prennent régulièrement en charge des tâches spécifiques
Les « usagers » : ceux qui participent à l’activité sans spécialement s’impliquer bénévolement.
Il est important de ne pas avoir de jugement de valeur sur ces niveaux d’implication, chacun peut avoir des compétences, des disponibilités, des envies différentes. Un choriste peut être indisponible à un moment et donner un coup de main ponctuellement ou aider régulièrement en cours d’année. Néanmoins, la contribution bénévole à la vie de l’association permet sa vitalité. Il est utile de mettre en place une stratégie progressive qui permette à tous de se sentir concerné et devenir bénévole régulier, voire de prendre des responsabilités.
Nous savons maintenant ce qu’est un bénévole, et comment il se distingue de la personne qui aide spontanément. Interrogeons-nous sur les différentes façons d’amener un adhérent, un choriste en l’occurrence, à devenir bénévole de l’association.
Éléments statistiques
Le rapport La France bénévole en 2024 publié par Recherches et Solidarité s’appuie sur des enquêtes menées sur tous les champs de l’engagement et du bénévolat, tous secteurs confondus. On y apprend notamment que près de 24% des français donnent du temps dans une ou plusieurs associations. Ce niveau rejoint enfin celui d’avant la crise Covid.
Les 25-34 ans sont ceux qui ont le plus fort taux d’engagement (30% en 2024 contre 22% en 2019) et les 70 ans et plus voient leur taux baisser de 34% en 2019 à 24% en 2024. Néanmoins, les 70 ans et plus sont ceux qui s’engagent le plus chaque semaine.
La motivation des bénévoles
La première motivation des bénévoles est la volonté d’être utile. L’épanouissement personnel était en 2e position en 2019 mais est dépassé en 2024 par la cause défendue et la prise en compte des enjeux sociétaux.
La satisfaction des bénévoles
Les bénévoles sont en quête de lien social. Ils recherchent majoritairement le contact et les échanges avec les autres ainsi que la convivialité. Pour être satisfaits de leur engagement, ils ont à cœur d’être dans l’action, d’avoir un impact sur leur environnement, la société ou l’association. Finalement, toutes les notions autour de l’épanouissement personnel et de se réaliser n’arrivent que dans un troisième et dernier temps.
Petits coups de main, grands effets
Être bénévole, c’est donc servir l’association, aider pour l’accomplissement du projet de l’association. Être bénévole, c’est aussi un état d’esprit qui peut s’acquérir. La première piste pour accompagner un membre à devenir bénévole régulier serait de l’inciter dès son arrivée et de l’habituer à rendre des petits services. Certains chœurs intègrent la participation des membres au fonctionnement de la chorale de façon plus ou moins formelle quand d’autres lancent, tout au long de l’année, des appels réguliers à aider, en fonction des besoins.
Le livret d’accueil, une incitation dès l’arrivée dans le chœur
Certains chœurs proposent un kit de bienvenue ou un livret d’accueil qui expose le fonctionnement du chœur aux nouveaux choristes. Il rappelle les attendus envers les choristes et notamment l’implication dans la vie du chœur en participant aux tâches courantes ou sur des points spécifiques, selon les compétences et envies des choristes. Il incite chacun à se manifester spontanément pour rejoindre l’équipe bénévole.
L’implication des choristes pour des coups de mains ou du bénévolat plus régulier est donc formalisée dans un document d’accueil. Le choriste est au courant dès le début de l’année.
Si les nouveaux choristes reçoivent ce document en début d’année, il est toujours utile de le renvoyer aux membres déjà dans le chœur pour leur rappeler les bases de fonctionnement du groupe.
Il est possible d’imaginer intégrer cette « obligation » à aider dans le règlement intérieur du chœur voir dans les statuts selon le degré d’institutionnalisation que vous souhaitez.
Un fonctionnement du chœur basé sur la répartition des tâches
Il est possible d’organiser l’association pour que chacun soit impliqué dans la participation à une tâche dans l’année. C’est une façon pour les choristes de se rendre compte de ce qui est nécessaire pour que le chœur fonctionne et d’être sensibilisé au bénévolat par une contribution limitée.
Plusieurs combinaisons sont possibles pour mettre cela en place :
Les tâches peuvent être choisies, tirées au sort ou attribuées par un responsable du chœur.
Elles peuvent être affectées à une personne, ou à une équipe temporaire ou permanente (communication, logistique, organisation de concert, financement, administration, ambiance/convivialité, …) au sein de laquelle les tâches seront réparties.
Voir des exemples en Annexe 1 – exemple de groupes de services au sein d’une chorale.
Cette démarche peut générer une plus grande attention envers les demandes que pourraient exprimer les bénévoles réguliers et les responsables, car chacun comprend alors que l’absence de réponse peut avoir des conséquences pour mener à bien les projets communs. Cet investissement de tous dans la vie de l’association peut limiter les tendances consuméristes de certains membres. La diversité des tâches permet à chacun de participer selon sa disponibilité.
Ce qu’il faut avoir prévu en amont : La liste de toutes les tâches visibles et surtout invisibles tout au long de l’année et qui doivent être prises en charge par au moins 1 personne. Ce travail peut se faire avec les chanteurs de la chorale pour les investir dans le processus.
Des sollicitations ponctuelles sur la base du volontariat
Régulièrement, tout au long de l’année, le CA peut solliciter les membres pour rendre des services. Vous pouvez même prévoir un temps dédié dans le temps de répétition pour solliciter les choristes.
Voici quelques exemples non exhaustifs de coups de mains possibles tout au long de l’année :
þ transporter du matériel, þ installer le piano, þ ranger la salle, þ distribuer les partitions, þ photocopier, þ imprimer, | þ diffuser des flyers, þ poser des affiches, þ rechercher de canaux de diffusion (collectivités locales, presse, réseaux sociaux), þ créer des costumes, décors ou accessoires, þ organiser ponctuellement des moments conviviaux… |
Passer du coup de main au bénévolat régulier
Maintenant que vous avez habitué vos choristes à rendre service, l’étape suivante est de susciter un engagement plus régulier, ou sectorisé.
Nous l’avons vu, le bénévole régulier se distingue par son engagement. Quelles stratégies sont possibles pour qu’un choriste ait envie de rejoindre l’équipe bénévole ?
Exprimez explicitement les besoins du collectif
Pour s’engager, les choristes ont besoin de savoir quelles tâches ont besoin de bénévoles.
Listez les tâches à réaliser tout au long de l’année.
Cela peut paraitre fastidieux mais c’est une étape qui vous permettra de mettre des mots sur ce que vous avez l’habitude de faire, de définir aussi les périodes où l’activité est importante et celles avec plus de respiration.
Communiquez avec les choristes.
Il n’y a pas une bonne façon de communiquer. Selon votre fonctionnement, certains canaux seront plus efficaces :
Par l’envoi de la liste des tâches par mail
Par l’envoi d’un document partagé en ligne sur lequel les choristes s’inscrivent
Par une annonce au cours de la répétition
Par un message sur le réseau social du chœur (groupe facebook, whatsapp ou Instagram…)
Communiquez dans la bonne temporalité
Ni trop en avance pour éviter qu’ils oublient
N
i trop tard pour éviter les situations d’urgence
Relancez régulièrement les choristes en fonction des échéances.
Certains choristes peuvent être frileux à l’idée de prendre une responsabilité en début d’année, par manque de confiance, de visibilité sur leur disponibilité au cours de l’année. Parfois, une sollicitation pendant l’année pourra déclencher une proposition d’aide voire d’investissement plus important.
Soyez vigilant dans votre manière d’exposer les tâches : une longue liste peut être source de stress ou de démotivation. Dans un premier temps, les tâches principales peuvent être abordées pour présenter chaque commission ou groupe d’actions. Le détail des tâches est listé au sein des commissions.
Les formes possibles d’organisation des équipes bénévoles :
Organisation en commissions : Les tâches sont réparties par commissions. Chaque membre du CA est responsable d’une commission et charge à lui de recruter ses bénévoles pour réaliser les tâches.
Organisation en projets : pour chaque projet, un binôme de pilotes est choisi : un pilote musical et un pilote administratif. Ce sont eux qui ensuite gèrent l’organisation du projet.
Dédoublement des postes de responsables : Dans le bureau par exemple, systématiquement prévoir un Vice-président, un trésorier adjoint et un secrétaire adjoint.
Organisez vos équipes avec des responsables ou un référent
Avant de faire appel à des bénévoles ou si des personnes donnent un coup de main, l’équipe bénévole doit nommer un référent pour les différentes tâches : le référent sera celui à qui le choriste devra s’adresser pour rendre compte de la réalisation de sa tâche ou avoir des informations qui l’aideront dans la réalisation celle-ci.
Encadrement n’est pas synonyme de lien de subordination
La désignation d’un bénévole responsable ou référent permet d’accompagner l’aspirant bénévole, le rassurer, veiller à ce que la tâche soit réalisée ; et à relancer le cas échéant. Cette répartition des rôles n’implique pas une relation de subordination mais une organisation : le choriste choisi le moment auquel il réalise sa tâche, en accord avec les échéances liées et il n’est pas ici question de sanctionner le choriste qui n’aurait pas rempli son rôle. Il s’agit d’avoir une personne responsable qui puisse lui rappeler les échéances et qui a une vision globale du périmètre dans lequel s’inscrit cette tâche.
Sollicitez les personnes en fonction de leurs compétences
Dans le cas où vous sollicitez directement des choristes, vous devez savoir ce que vous pouvez leur demander.
Si vous recherchez des compétences spécifiques, directes ou indirectes, pour une mission en particulier, vous devez connaître vos choristes pour mieux les mobiliser.
Cette connaissance peut se faire :
Dans le formulaire d’adhésion
Prévoyez un champ « profession/compétences de l’adhérent »
Prévoyez un champ « domaines dans lesquels je pourrais contribuer »
Ces champs vous permettront de vous adresser directement aux choristes selon leurs compétences ou appétences. Il y aura ainsi moins de barrières à l’entrée : pas de nouvelles compétences à acquérir, pas de temps de formation longue à prévoir pour maîtriser l’environnement de la tâche.
En échangeant avec les membres
Discutez avec tout le monde
Répartissez-vous les choristes au sein du conseil d’administration ou entre bénévoles : chacun fait ensuite remonter les domaines de compétences des choristes ou leurs propositions d’aide.
Repérez les membres qui s’investissent au-delà du coup de main
Un membre qui propose son aide régulièrement, qui fait plus que la tâche qu’il devait initialement faire ou qui arrive naturellement à motiver ou encadrer ses camarades, peut être un bénévole qui s’ignore.
Si vous voyez qu’il est autonome dans les tâches qu’il réalise spontanément, proposez-lui une évolution de sa place dans le chœur : proposez-lui de devenir bénévole et d’apporter son expertise sur les tâches qu’il remplit déjà !
Cherchez des bénévoles extérieurs : le portail « Je veux aider »
Si vous avez besoin de compétences spécifiques et que vous ne les trouvez pas en interne au sein de vos membres, vous pouvez faire appel à des bénévoles extérieurs à votre association grâce à la plateforme mise à disposition par l’Etat : https://www.jeveuxaider.gouv.fr/
Elle permet aux associations de publier des missions de bénévolat en indiquant le type de mission, le besoin, la durée et la fréquence.
C’est une solution qui peut vous permettre de bénéficier du savoir-faire de bénévoles expérimentés sur tous les aspects de la vie de l’association : administration, comptabilité, communication, gestion de projets, conseil juridique, animation, événementiel, …
Cette démarche nécessitera un accompagnement du bénévole pour connaître l’association, son fonctionnement et ses enjeux et d’encadrement du bénévole dans l’accomplissement de sa tâche.
Transformez les freins en motivations pour les nouveaux bénévoles
Pourquoi peut-il être difficile de mobiliser les membres pour qu’ils prennent une part plus importante dans la gestion et l’animation de la vie associative ? Exposons quelles peuvent en être les causes et quelles premières réponses peut-on y apporter.
Plaçons-nous du côté des choristes, les freins régulièrement identifiés sont :
La méconnaissance des tâches ou des postes qui seraient à prendre en charge
La crainte d’être responsable d’une mission ou de l’attribution d’une mission nécessitant des compétences non maîtrisées
Le manque de temps disponible pour aider
Des actions peu impactantes et valorisantes
Un avis peu considéré.
La méconnaissance des tâches ou des postes qui seraient à prendre en charge
Le choriste n’arrive pas à visualiser quelles missions il pourrait remplir, par manque de transparence de la part des responsables sur les besoins ou par sentiment d’inadéquation entre son profil et les missions proposées.
Entre ce que vous avez exprimé et ce que les choristes ont compris, il peut y avoir un gros écart. Il peut donc être judicieux d’aller à la rencontre des choristes pour échanger avec eux sur les différentes dimensions des missions :
Nature de la tâche
Niveau de responsabilité
Échéances
Fréquence et durée des réunions éventuelles
L’aspirant bénévole ne pense pas avoir le temps de s’investir plus avant dans la vie associative mais quand on lui explique la tâche et ce qu’on attend de lui, il trouve plus facilement le temps. La crainte de passer tout son temps libre occupé par les affaires de la chorale est légitime, mais est souvent infondée.
Un bénévole a besoin d’être rassuré quant à sa place dans l’organisation : reformulez quelles seront ses responsabilités, ses missions. Il est tout à fait possible de commencer par des responsabilités limitées, par exemple sur un pan de l’activité de l’association : l’organisation de temps conviviaux, logistique, etc., sans que le bénévole ne soit seul responsable de l’organisation de tout un événement ou d’un secteur complexe comme l’administration et la trésorerie, qui nécessitent un peu d’accompagnement.
Pour des missions plus complexes ou un poste plus important dans l’organisation du chœur, il faudra certainement rassurer davantage en donnant le planning des réunions et le rythme de l’activité sur le temps long. Comme nous l’avons déjà dit, l’activité est souvent irrégulière à l’échelle de l’année : il y a des moments denses et d’autres plus légers. Vous pouvez également préciser la place que peut avoir le bénévole dans l’organisation : quelle place au sein du CA ou quelles responsabilités par exemple.
La crainte d’être responsable d’une mission ou de l’attribution d’une mission nécessitant des compétences non maîtrisées
Le choriste volontaire n’est pas forcément expert dans le champ de la mission qui lui est proposée. Il est plein de bonne volonté mais ce n’est peut-être pas un champ d’action sur lequel il se serait projeté, faute de le connaître.
Vous avez détecté une personne qui se propose régulièrement pour aider. Vous avez peut-être même déjà réfléchi à un poste pour elle, avec la liste des tâches et des missions, mais la personne objecte n’avoir jamais fait cela : proposez-lui un accompagnement personnalisé dans cette prise de fonction :
Prévoyez un temps de tuilage : Cette période permettra la transmission d’informations et de compétences entre la personne qui remplissait les missions et le nouveau bénévole qui devra s’en occuper.
Préparez des outils d’accompagnement : La préparation de documents qui fixent les objectifs, le détail des tâches nécessaires pour mener à bien la mission peuvent également être un support apprécié.
Le manque de temps disponible pour aider
Le choriste dira souvent qu’il n’a pas le temps pour s’engager plus dans la vie de l’association. Les études nous apprennent que 20% des personnes engagées souhaiteraient pouvoir donner plus de temps à l’association mais nous apprenons aussi que le manque de temps est aussi un argument pour ne pas s’engager plus.
Les réponses possibles à apporter rejoignent celles proposées dans les points précédents :
Soyez transparent sur le temps que cela prend
nombre de réunions et leur durée estimée.
temps personnel nécessaire estimé
Valorisez l’apport que la personne aura : expliquez à votre choriste pourquoi lui ou elle serait à sa place au sein du conseil d’administration ou dans le bureau.
Changez d’angle : Donner du temps à l’association, ce n’est pas perdre du temps. C’est participer à une aventure collective et en sortir une satisfaction personnelle. Donner, c’est recevoir.
Des actions peu impactantes et peu valorisantes
Quand on sait grâce à l’étude de Recherches et Solidarités que les bénévoles sont motivés quand ils ont la sensation de changer les choses ou de faire progresser l’association, la réalisation d’une action qui se révèle sans impact peut être démotivant et peu engageant pour donner encore du temps.
Il y a des tâches très visibles et valorisantes, notamment quand on est en lien avec des publics : par exemple, le président ou le chef de chœur qui prend la parole pendant le concert est plus valorisé que ceux qui vont installer et désinstaller le matériel. On peut penser à tort que ce sont des actions « juste » utiles alors qu’elles sont essentielles pour le succès du concert.
Transformer la tâche en action valorisante
Il est tout à fait possible de transformer une tâche pour la rendre plus valorisante aux yeux du bénévole :
Intégrez la tâche à une action plus grande. Montrez comme cette tâche est un maillon d’une chaîne et à ce titre aussi importante qu’une autre tâche peut-être plus visible. Elle fait partie d’un tout.
Proposez au bénévole de lui attribuer un binôme ou de former de nouveaux bénévoles ou l’inscrire dans une démarche de tutorat qui permettra de répartir la charge avec une dimension transmission/formation qui valorise ainsi les connaissances du bénévole
Proposez au bénévole d’organiser un événement ou d’envisager le prolongement de sa tâche, d’une tâche « mineure », on peut passer à une tâche plus visible.
Un avis peu considéré
Quelle déception quand des responsables demandent notre avis mais qu’il n’a aucun effet sur la décision finale ! Cela ne donne certainement pas envie de s’investir ou de répondre la fois suivante.
Proposez systématiquement au bénévole de faire un retour d’expérience pour faire remonter ce qui a fonctionné et ce qui reste à acquérir.
Valorisez ceux qui donnent du temps et de l’énergie
Vous avez peut-être l’habitude de faire applaudir votre chef de chœur et vos instrumentistes ou vos techniciens à la fin d’un concert. C’est une reconnaissance importante de leur contribution.
D’une manière générale, il est important de toujours valoriser les efforts de tous, même si un petit groupe porte l’essentiel de l’effort. Chaque coup de main compte pour la réussite du projet, chaque remerciement individuel au nom du collectif incitera à faire un peu plus.
Nous pouvons distinguer deux facettes : la valorisation du bénévolat, c’est à dire l’action en tant que telle, et le bénévole dans sa relation humaine avec le reste du groupe.
Valoriser les bénévoles
S’il s’agit de valoriser une équipe sur un concert : vous pouvez
Nommer les bénévoles dans le programme,
Les faire saluer à la fin (éventuellement par groupe selon les tâches : logistique, administration, communication, son et lumières, costumes, maquillage, mise en scène/espace/chorégraphie, …)
Leur offrir un cadeau en public (fleur, bouquet, chocolats, boissons etc.)
S’il s’agit de bénévoles dans la vie associative ou de projets sans concert, cette valorisation peut passer par
Un moment pris pour remercier les bénévoles individuellement devant tout le chœur à la répétition suivante
Remerciements dans la communication du chœur :
sur les réseaux sociaux pour présenter les bénévoles
sur le site internet : page spéciale présentant les bénévoles
Remercier dans le rapport moral ou d’activité de l’association
Dédier un moment spécial dans l’année pour remercier les bénévoles : événement, cérémonie etc.
Un courrier/un mot/une carte signée des dirigeants et du chef de chœur
Un courrier/un mot/une carte signée des membres du chœur pour remercier les bénévoles ex : bureau, chef de chœur, équipe projet, etc.
Un cadeau souvenir du projet (dans le cas d’un voyage, un objet typique d’un endroit visité par exemple)
…
Animer votre réseau de bénévoles en leur proposant un moment privilégié comme un repas, une sortie...
Proposer aux bénévoles de prendre des responsabilités.
Proposer aux bénévoles des formations en lien avec les compétences acquises dans l’association.
Le plus À Cœur Joie :
Des dispositifs de formation peuvent être mobilisés, qu’il s’agisse des ressources proposées par À Cœur Joie, ou de formations dédiées accessibles aux bénévoles des chœurs adhérents.
N’hésitez pas à nous consulter pour leur proposer un accompagnement personnalisé.
Inviter les bénévoles à partager un moment privilégié comme un repas, une sortie...
Vous pouvez également utiliser des « open badges » pour rendre visible le travail et les compétences acquises de vos bénévoles : ce sont des badges numériques visualisables qui contiennent des informations Vous pouvez ainsi certifier des compétences, des capacités, l’appartenance à un groupe, la participation à des cours ou l’attribution de crédits.
Nous parlons donc ici d’un remerciement symbolique, il ne peut s’agir d’une « rémunération », même en nature.
Les contributions en temps sont aussi « valorisées » dans les budgets (une valeur monétaire leur est affectée) pour les subventionneurs. Vous pourrez en savoir plus sur la valorisation comptable dans le budget de votre association dans une fiche thématique à venir.
La valorisation du bénévolat et des bénévoles est importante à court, moyen et long terme :
À court terme, il motive les bénévoles à poursuivre leur engagement
À moyen et long terme, elle projette chez les nouveaux membres du chœur, une dynamique positive, où chacun a son rôle et bien intégré dans un fonctionnement global. Chacun a sa place. Savoir qu’il y a toute cette valorisation possible et réalisée peut donner envie aux membres de s’investir et mieux répartir la charge de travail, qu’elle ne repose pas seulement sur le bureau ou le conseil d’administration.
Choristes, des bénévoles qui s’ignorent
Pour inviter les choristes à devenir des bénévoles réguliers de votre association, vous pouvez leur faire prendre conscience qu’ils sont déjà bénévoles !
En effet, sans qu’ils le réalisent forcément, les choristes sont tous des artistes bénévoles : ils donnent du temps et de la compétence musicale à chaque concert pour faire vivre la musique dans la société.
L’économie du concert repose essentiellement sur le bénévolat des choristes et parfois de leur chef de chœur.
Si les choristes payent parfois une cotisation pour l’activité courante de l’association, une à plusieurs fois par an, ce sont eux qui donnent de leur temps à l’occasion des concerts. Si on imagine qu’il fallait payer les choristes bénévoles, il faudrait augmenter significativement le prix des places.
En chantant en concert, le choriste amateur est ainsi donc déjà un bénévole qui s’ignore. N’hésitez pas à valoriser ce don de temps et de compétence qu’ils consentent, et souligner le plaisir qu’ils trouvent à cet effort collectif. Ils sont déjà bénévoles, un bon argument pour les inciter à s’engager un peu plus. Globalement, il est bon de rappeler que la participation à un chœur, même si elle implique parfois une participation aux frais, n’est pas un « achat de service », mais l’engagement dans un projet artistique et humain.
Conclusion
Cette question de la recherche de nouveaux bénévoles et du travail de conviction associé répondent à une problématique qui devrait être au cœur des préoccupations des bénévoles réguliers et des membres dirigeants de l’association : Qui prendra ma suite ? Penser à l’après est très important pour la pérennité des associations : chacun n’est que de passage, qui prendra le relai ?
Remerciements
Nous tenons à remercier tous les participants au Café Choral du 12 juin pout leur contribution à cette fiche thématique.
Annexe 1 – exemple de groupes de services au sein d’une chorale
Groupe communication
site Internet
affiche de concert
Groupe logistique et transport
matériel
estrades
pupitre, clavier etc.
Groupe lumière et sonorisation
installation lumières
installation micros et enceintes
Groupe organisation concert
régie du public
vente des programmes.
billetterie électronique et billetterie papier le jour J
Groupe décor et costumes
gestion du sujet quand nécessaire.
gestion des mouvements d'entrée et de sortie du chœur sur scène, tenue sur scène : porte-partition tenu de quel côté, à quel moment faut-il l’ouvrir…
Groupe pots et convivialité
prévoir le café, les gâteaux etc.
préparation collations choristes et instrumentistes sur les générales de concert
Groupe Week-end
gestion des repas
organisation des animations
achats de nourriture et boissons
Groupe soirée chorale
organisation pour les membres, leur conjoint et enfants d’un bel événement pour se retrouver et bien sûr chanter
Groupe mémoire et partitions
classement des partitions et des enregistrements éventuels
classement des affiches/flyers de concert
Groupe secrétaire de pupitre
contrôle de la présence de chaque membre du pupitre
partage au pupitre des informations techniques ou d'organisation générale
Groupe des chefs de pupitre
calages musicaux
Groupe voyage et déplacement
gestion d'un car,
réservation d'hébergement, ....
Foire aux Questions
Tout le monde dans ma chorale aide à un moment donné, que ce soit pendant les répétitions, pendant les journées ou week-ends de répétition ou à l’approche des concerts et pour des tâches très variées, tout le monde est-il bénévole ?
Dans le cadre du fonctionnement des chœurs associatifs, comment distinguer le bénévole d’un autre aidant ?
D’après la définition vue dans la partie « Le cadre », le bénévole a une mission qui lui est confié par l’association. Il y a un engagement réciproque basé sur le libre consentement du bénévole à réaliser un travail sans contrepartie.
Le bénévole se caractérise de l’aidant spontané par son engagement dans l’association : il aide parce qu’il soutient les valeurs et les actions portées par l’association, là où la personne qui aide spontanément le fait sans forcément connaître l’association en tant que telle.
Aussi, quand il s’agit d’un coup de main de la part de personnes non mandatées par l’association, ce n’est pas considéré comme du bénévolat.
Vos amis qui vous aident à remettre votre salle de concert en ordre à la fin ne sont pas des bénévoles.
Les personnes que le bénévole responsable de l’organisation du concert ou de cette tâche a sollicité en amont et qui participent à cette tâche correspondent à la définition du bénévole.
Quelle différence entre le bénévolat et le volontariat ?
Le volontariat associatif est un statut mixte entre le bénévole et le salarié. C‘est un cadre contractuel dans lequel un jeune de 25 ans et plus peut travailler pour des associations ou fondations d’utilités publiques sur des missions d’intérêt général (cette notion n’a rien à voir avec la notion fiscale de l’intérêt général). Il est encadré par le code du service national.
Le volontaire
perçoit une indemnisation
est suivi par un tuteur
a une mission qui rentre dans un champs d’emploi spécifique
n’a pas de lien de subordination
Documents mis à disposition
Sources et liens utiles
La France bénévole en 2024, Recherche et Solidarités
LE GALL Paul, Associations : le guide pratique, Prat Editions, 21e édition, 2024
SCHWEICH Fanny, Gérer une association culturelle, Ed. La Scène, 2018
