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L'encadrement des mineurs dans une activité chorale associative hors temps scolaire

Public :

Responsable chœur d'enfants

Chef(fe) de chœur d'enfants

Mise à jour :

13 sept. 2024

Quelles règles doivent suivre les chœurs d’enfants associatifs qui fonctionnent avec des répétitions hebdomadaires en dehors du temps scolaire ? Doivent-elles suivre les règles de l’Education Nationale ? Celles en vigueur pour les activités périscolaires ? Ou est-ce une activité extrasolaire ? Une chorale est-elle est un accueil collectif de mineurs ?

Nous allons répondre à ces questions en faisant le point sur le véritable cadre de ces activités chorales pour enfants selon qu’il s’agisse des répétitions hebdomadaires, de répétitions sur une journée ou en week-end entier avec ou sans hébergement.

Avec le soutien du Fonds pour le développement de la vie associative (FDVA)


Ce document n’est en aucun cas un conseil juridique et ne saurait engager la responsabilité d’À Cœur Joie. Nous invitons nos lecteurs à approfondir leur réflexion en prenant connaissance des publications officielles citées dans cette fiche. Si vous avez des questions, vous pouvez contacter Xavier Denaiffe par mail à xdenaiffe@choralies.org ou par téléphone au 04 72 19 83 47.

 

 

Cette fiche thématique précise le cadre légal des activités chorales pour enfants organisées par des associations hors temps scolaire. Dans la plupart des cas, ces activités ne sont pas soumises à une réglementation spécifique. Toutefois, il est recommandé de suivre des préconisations inspirées des règles en vigueur pour les accueils collectifs de mineurs (ACM) afin de garantir la sécurité des enfants. Ce document offre ainsi des conseils pratiques sur les taux d’encadrement et les obligations de sécurité, permettant aux associations de se conformer aux meilleures pratiques tout en respectant leur autonomie.


Pour revoir le Café Choral du 12 septembre 2024 et consultez le pdf de la présentation, rendez-vous dans la partie «Documents mis à disposition»


Sommaire

Introduction

Le cadre légal

Quel cadre pour les pratiques chorales en amateurs hors temps scolaire ?

Préconisations pour les accueils de mineurs hors ACM

Les taux d’encadrement recommandés

La déclaration Jeunesse et Sport

Foire Aux Questions

Documents mis à disposition

Sources

 

Introduction

Cette fiche est à destination des associations dont l’activité principale est la pratique chorale, qui accueillent des mineurs pour une activité chorale

  • une fois par semaine,

  • hors temps scolaire

  • hors vacances scolaires

En plus de cette activité principale régulière, elle peut également organiser des répétitions pendant un ou deux jours en weekend, ou d’une durée d’une semaine pendant des vacances scolaires. Certaines mettent en place une ou plusieurs tournées de plusieurs jours dans l’année, pendant des vacances scolaires.

On le voit, il s’agit d’une activité tournée vers la pratique chorale, une « monoactivité » même si les formats d’accueil des enfants peuvent varier pendant l’année. Toutes les activités proposées sont le prolongement du travail réalisé pendant les répétitions hebdomadaires et peuvent être prévues ou non dans le projet annuel de l’association.

 

Le cadre légal

Définitions

Les temps de l’enfant

Les temps de la vie de l’enfant sont organisés autour de l’école et du temps familial. Des temps de vie ont été formalisé et sont encadrés par la loi. Le vocabulaire pour parler de ces temps est spécifique et parfois, un mot utilisé il y a 30 ans n’a plus le même sens aujourd’hui. Voici quelques mots qu’il nous semble important de définir pour bien comprendre de quoi il s’agit dans cette fiche :

  • Temps périscolaire : Tous les jours d’école, ainsi que le mercredi (avec ou sans école), il peut inclure ou non le temps de la pause méridienne.

  • Temps extrascolaire : Les samedis où il n’y a pas école, les dimanches et les vacances scolaires.

L’Accueil Collectif de Mineurs (ACM)

C’est un accueil collectif de loisirs à caractère éducatif se déroulant hors du domicile parental, pendant le temps périscolaire ou extrascolaire. C’est un mode de garde d’enfants et d'adolescents accessible avec des activités diversifiées dans un esprit de mixité sociale et d’éducation à la citoyenneté. Un organisateur d’ACM déclare son activité aux services départementaux à la Jeunesse, à l’Engagement et aux Sports (SDJES). Une structure peut très bien avoir des activités d’Accueil Collectif de Mineurs et d’autres qui ne le sont pas. Elle observera les règles relatives au cadre de l’activité concernée.


Textes légaux

Des articles de loi définissent le cadre de certaines activités pour mineurs, et donc ont une influence sur le positionnement de notre activité chorale dans ce paysage :

 

Article L227-4 du Code de l'action sociale et des familles

La protection des mineurs, dès leur inscription dans un établissement scolaire en application de l'article L. 113-1 du code de l'éducation, qui bénéficient hors du domicile parental, à l'occasion des vacances scolaires, des congés professionnels ou des loisirs, d'un mode d'accueil collectif à caractère éducatif entrant dans une des catégories fixées par décret en Conseil d'Etat, est confiée au représentant de l'Etat dans le département.

Ce décret définit, pour chaque catégorie d'accueil, la réglementation qui lui est applicable, et les conditions dans lesquelles un projet éducatif doit être établi.

Les dispositions du présent article ne sont pas applicables à l'accueil organisé par des établissements d'enseignement scolaire.

 

Article R227-1 du Code de l'action sociale et des familles sur les Accueils Collectifs de Mineurs

Les accueils mentionnés à l'article L. 227-4 sont ceux qui sont organisés par toute personne morale, tout groupement de fait ou par une personne physique si cette dernière perçoit une rétribution. Ils sont répartis dans les catégories ainsi définies :

I.-Les accueils avec hébergement […]

II.-Les accueils sans hébergement […]

III.-L'accueil de scoutisme […]


Quel cadre pour les pratiques chorales en amateurs hors temps scolaire ? 

Si nous nous référons aux articles L227-4 et R227-1, la pratique chorale des enfants telle que nous l’avons définie ne rentre pas dans le champ de l’Accueil Collectif des Mineurs (ACM).

Beaucoup de régions ont publié une notice pour rappeler le cadre de l’accueil collectif des mineurs et quelles sont les exceptions. Le « Memento Instructions et recommandations pour les accueils collectifs de mineurs (ACM) en Bourgogne Franche-Comté » cite ainsi parmi les exceptions :

Activités culturelles régulières non diversifiées, organisées à la séance, comme les cours de danse, de musique, les ateliers théâtre, travaux manuels, etc. (« monoactivité »).

 

L’activité chorale définie au début de ce document correspond à cette définition et confirme que nous sommes hors du cadre des ACM. Il n’y a donc pas d’encadrement légal spécifique de cette pratique. C’est le cadre général des associations qui s’applique.

Toute association a une obligation de sécurité envers ses membres et les participants à ses activités. L’association doit mettre en place tous les dispositifs nécessaires pour assurer la sécurité des personnes. Dans notre cas, un taux d’encadrement suffisant et cohérent avec l’activité fait partie des éléments de prévention obligatoires.

 

Voici quelques préconisations pour garantir la sécurité des enfants dans le cadre de l’activité chorale, qui s’inspirent de la fiche technique publiée en 2018 : « Accueils pour les mineurs organisés hors du champ des ACM: obligations et recommandations » (voir la partie Sources).


Préconisations pour les accueils de mineurs hors ACM

Voici quelques préconisations que l’association peut mettre en œuvre dans ce but :

  1. Taux d’encadrement : il doit être suffisant et cohérent avec l’activité. Il est conseillé qu’il ne soit pas inférieur à deux adultes. Vous pourrez vous inspirer des taux définis dans le cadre des Accueils Collectifs de Mineurs présentés dans la partie suivante.

    Ce n’est pas le lieu qui définit si la chorale doit observer les taux d’encadrements obligatoires relatifs aux ACM, mais l’activité de l’association : Une chorale associative suit le cadre général des associations sauf si elle déclare un ACM, elle doit alors appliquer les règles des ACM.

  2. Les encadrants :

    • Demandez un extrait de casier judiciaire n°3 pour vous assurer qu’un encadrant n’a pas de condamnations pour affaires de mœurs, violence, etc.

    • Demandez les diplômes éventuels dans l’animation ou l’expérience dans le domaine.

    • Vous pouvez faire signer une charte du bénévolat et un règlement intérieur à vos bénévoles qui fait office de contrat moral entre l’association et l’encadrant.

    • Dans la mesure du possible, il est préférable d’avoir au moins une deuxième personne qui soit présente en plus du chef de chœur afin d’avoir une tierce personne en cas de conflit entre un enfant et un adulte, et pour des prises de décisions urgentes si le chef n’est pas disponible.

  3. Modalités d’arrivée et de départ des enfants :

    • Si ce ne sont pas les responsables légaux des enfants qui les amènent et viennent les récupérer, demandez un document écrit précisant qui est habilité à emmener et ramener l’enfant et ses coordonnées.

    • Pointez les enfants à leur arrivée sur votre liste de présence : vous devez toujours savoir combien d’enfants vous devez avoir avec vous.

  4. Santé : 

    • L’association doit être informée des antécédents médicaux, pathologies et traitements en cours pour savoir comment réagir en cas de nécessité. Dans le formulaire d’inscription, elle peut soit joindre une fiche sanitaire de liaison comme utilisée par les ACM déclarés ou non : Cerfa n° 10008*02 (voir documents mis à disposition)

      Cette fiche sanitaire est obligatoire pour vérifier les vaccins (obligatoire pour la collectivité, n’importe laquelle) et emmener un enfant pour des soins (l’hôpital la demandera)

    • Le groupe doit avoir une trousse de secours pour les « bobos » et un moyen de communication pour appeler les services de secours et un registre de soins pour garder une trace des soins effectués (infections, aggravations des blessures, ...)

 

Les taux d’encadrement recommandés

Puisque cette activité ne rentre dans aucun cadre règlementé spécifique, il n’y a pas de taux d’encadrement obligatoire ni de qualification des encadrants nécessaire. Nous pouvons néanmoins nous inspirer des cadres légaux et règlementaires des ACM pour en dégager de bonnes pratiques qui protègent à la fois les enfants et les encadrants.

 

Voici quels seraient les taux d’encadrement dans les différentes situations rencontrées par les chœurs.

 

Les répétitions hebdomadaires

Elles constituent le cœur de l’activité du chœur. C’est son activité principale.

Pour une activité en dehors du domicile familial et en dehors du temps scolaire en semaine, nous sommes dans un cadre périscolaire.

Si nous nous référons à l’accueil de loisirs périscolaire sans Projet Éducatif de Territoire (PEDT) tel que défini dans l’article R227-16 du Code de l’action sociale et des familles, et si on considère que les répétitions hebdomadaires ont une durée de moins de 5 heures, alors le taux d’encadrement correspondrait à :

  • 1 adulte pour 10 enfants pour un groupe d’enfants de moins de 6 ans

  • 1 adulte pour 14 enfants pour un groupe d’enfants de plus de 6 ans 

Projet Educatif de Territoire : C’est un dispositif qui implique les différents acteurs éducatifs afin de créer une continuité pédagogique et éducative entre les différents temps de la journée de l’enfant : temps scolaire, périscolaire et familial.

 

Dans la plupart des autres cas

Le taux d’encadrement est de :

  • 1 adulte pour 8 enfants pour un groupe d’enfants de moins de 6 ans

  • 1 adulte pour 12 enfants pour un groupe d’enfants de plus de 6 ans 

Situations possibles :

  • L’encadrement d’une journée, de répétition en week-end ou durant les vacances scolaires ou bien un week-end entier de répétition, nous sortons du cadre périscolaire pour être sur du temps extrascolaire. Ces répétitions seraient incluses dans le projet pédagogique de la structure.

Pas de déclaration Jeunesse et Sport obligatoire


  • L’encadrement d’un week-end avec hébergement, sortes de « mini-camps » pouvant durer de 1 à 4 nuits : Dans la mesure où il s’agit d’un week-end de répétition avec une nuitée et s’il est inclus dans le projet pédagogique de la structure, elle correspond à la définition d’ « activité accessoire à un accueil sans hébergement ».

Pas de déclaration Jeunesse et Sport obligatoire


  • Les séjours uniquement dédiés à l’activité chorale : séjour de type stage mono-activité sur des vacances scolaires ou une résidence artistique dans un lieu spécifique comme un stage intensif, séjour d’enregistrement de CD, participation à un festival ou concours de chant choral (selon l’organisation prévue)

Un mail de la direction de la Jeunesse à tous les services départementaux Jeunesse et Sports du 25 avril 2007 statut sur la situation des séjours cultuels. Le raisonnement qui est développé nous permets de le transposer à notre secteur d’activité : les séjours qui sont exclusivement circonscrits à l’activité assurée tout au long de l’année ne serait pas à déclarer. Il nous invite donc à prévoir un encadrement similaire à celui d’un week-end de répétition (temps extrascolaire).

Pas de déclaration Jeunesse et Sport obligatoire


  • Les séjours proposant à la fois une activité chorale et d’autres activités sportives et ludiques : Les séjours de ce type ne rentrent plus dans le cadre d’une mono-activité. S’ils sont dans « la continuité de l’activité assurée tout au long de l’année et intégrée à ce titre dans le projet annuel » et dure plus d’une nuit, ils correspondent alors aux séjours spécifiques artistiques et culturels. Ces séjours peuvent être une tournée de chœur, un stage mêlant temps d’apprentissage et temps de jeux ou loisirs encadrés, répétitions et cohésion ou une participation à un festival ou concours de chant choral (selon l’organisation prévue).

Déclaration Jeunesse et Sport obligatoire

 

La déclaration Jeunesse et Sport

Qu’est-ce que la déclaration Jeunesse et Sport

Les organisateurs d’ACM sont obligés de déclarer leur activité. Dès lors qu’un mineur est accueilli hors du domicile parental, ce sont les autorités publiques qui sont responsables de sa protection. Dans le cadre des ACM, c’est à l’Etat qu’est confiée la protection des mineurs. C’est pourquoi l’Etat édicte la réglementation et les modalités d’organisation et d’encadrement des ACM.

Pour en savoir plus, vous pouvez consulter la page internet du ministère de l’Education Nationale et de la Jeunesse


Faut-il déclarer un séjour même s’il ne correspond pas à la définition d’un ACM ?

Comme la nature de notre activité n’est pas celle d’un Accueil Collectif de Mineurs (ACM), il n’y aurait pas d’obligation à déclarer les séjours.

Comme nous l’avons déjà dit, l’association a une obligation de sécurité envers ses membres et les participants à ses activités. Elle doit veiller à prévoir les dispositifs adéquats pour garantir la sécurité des enfants, leur bien-être et leur sécurité affective.

 

Le choix de déclarer des séjours s’articule avec une démarche éducative transparente de l’association envers les familles.

Les avantages d’une déclaration de séjour :

  • Pour l’association :

    • C’est une preuve qu’elle remplit son obligation de sécurité des enfants :

      • Vérification des profils des encadrants (casier judiciaire, expérience avec les enfants)

      • Le lieu d’hébergement doit être obligatoirement agréé Jeunesse et Sport.

    • Déclarer oblige à suivre les règlementations Jeunesse et Sport : taux d’encadrement, hygiène et santé

    • Publication d’un projet éducatif et pédagogique : Il implique une réflexion en amont du cadre que l’on veut donner en terme de rythme, de vie quotidienne et une organisation qui anticipe et protège les participants (gestion des cigarettes, de l’alcool, intimité, temps des douches, relations enfants-adultes / enfants-enfants, sorties en autonomie …).

  • Pour les familles :

    • Elles sont rassurées sur le sérieux de l’organisation de l’association et sa capacité à prendre en charge les enfants.

    • Elles peuvent régler les frais de participation en chèques vacances ou être remboursées par leur comité d’entreprise

 

Parfois, la déclaration sera obligatoire car le lieu d’accueil l’exige car lui-même agréé Jeunesse et Sport.

Foire aux Questions

Quel est le taux d’encadrement pour des groupes mélangeants des enfants de plus et moins de 6 ans ?

Il faudra comptabiliser le nombre d’enfants de moins de 6 ans d’une part et le nombre d’enfants de plus de 6ans d’autre part, puis se référer aux taux d’encadrement correspondant.

Par exemple, un groupe de 32 enfants dont 18 ont moins de 6 ans et 14 ont plus de 6 ans :

  1. Pour accompagner 18 enfants de moins de 6 ans, il faut 3 adultes. On obtient 2 groupes de 8 enfants et un groupe de 2 avec chacun un adulte.

  2. Pour compléter le groupe de 2 enfants, on prend 6 enfants de plus de 6 ans parmi le groupe de 14. Il reste donc un groupe de 8 enfants de plus de 6 ans.

  3. Il faut un adulte pour accompagner le groupe de 8 enfants de plus de 6 ans.

  4. Pour accompagner ce groupe de 32 enfants, il faut 4 adultes.

À noter que ce calcul ne sert qu’à s’assurer d’un taux d’encadrement. Pendant le séjour, un adulte peut faire une activité avec plus d’enfants. Les enfants n’ont pas nécessairement 1 groupe attitré avec un adulte référent.

Documents mis à disposition
Sources et liens utiles
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